blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 262 : Au secours, Piano,

V

je me souviens de tes cours à Naples, à Rome, à Séville, nous y assistions dans l’irritation et l’émerveillement, avec F.K., F.C. (que devient-il ?), J.Sw., I.C., M.B., D.B., J.L.B. et tant d’autres : tu nous parlais de l’incohérence humaine, de la multiplicité des caractères en chaque individu, de l’incompréhension, de la lutte des cultures et des points de vue, de l’impossibilité de dire vrai face au poids de la fiction, et tu nous répétais qu’il ne fallait jamais résoudre les contradictions, mais les accumuler. Un jour à Londres, quand nous savions que tu côtoyais les services secrets, tu nous disais que les abeilles n’étaient plus les bêtes ordinaires que nous connaissions depuis des siècles, mais des drones qui espionnaient les comportements humains, les pensées, pour les numériser...

AVANT-DERNIÈRE LETTRE A PIANO…

A

Vilaines Pensées 261 : Mon frère, si tu me permets de te chérir ainsi, j’avais oublié dans ma poche ma dernière missive avant de la jeter dans la gueule du loup blanc, de celle-ci je prends soin et Tengo-san saura l’acheminer dans le beau temps d’autrefois, je désespère du présent. En ce village-hôpital de San Fernando, les confinés au fond sont heureux, soignés des fièvres et des étouffements. Ou bien, s’ils n’éprouvent nulle douleur, ils vivent dans une sereine précaution : on y enferme même les bébés, en faire des immunisés, graciés par Dieu ou les dieux, pleins d’anticorps, si l’on en croit une médecine qui doute de plus en plus. Mais, si l’on parvient à croire en quelque chose, il y a une maladie plus forte que ce sacré virus : la moitié des bienheureux préservés à San Fernando...

Vilaines Pensées 260 : LETTRES A PIANO (SUITE)…

V

Mon pauvre Piano, les fantaisies médicales ne s’arrangent pas, ici, en ce début 2021 ! Je vais encore dire des horreurs : le drame, c’est que l’on pose comme principe soi-disant immuable que chaque être humain serait irremplaçable, et qu’il faut dans l’absolu le sauver coûte que coûte. La mort d’un enfant debout sur deux pattes, c’est Mozart qu’on assassine, chante la médecine dans toutes les basses-cours, car l’humain a une âme bénie, une race suprême, ce singe pensant bâtisseur de cathédrales, organisateur des plus grands massacres que le cosmos connaît, d’étoiles en étoiles. Ah Piano, moi médecin je suis chargé de sauver, mais même après les célestes vaccinations par les religieuses, dans les non-dits que moi seul percevais je savais que la plupart des habitants de San Fernando en...

Vilaines Pensées 259 : LETTRES A PIANO (SUITE)…

V

Illustrissime Piano, j’espère que cette présente lettre sera bien acheminée dans le passé par la grâce de ton grandissime chien blanc, voyageur du temps. Ici, au vingt-et-unième siècle, certains intellectuels se demandent si après la vaste épidémie, nos maladies, nos toux, on allait persévérer à empoisonner la planète, la tuer, mais c’est une formidable fête aujourd’hui : les vaccins arrivent, des Spoutniks ! On les vit venir de loin, entre nos montagnes, parmi les orangers, le cortège pénétra au coeur de nos maisons blanches, il y eut les tambours et les flûtes andines. Le camion plein de petits flacons avançait doucement, entouré par les bannières des confréries, les statues multicolores des Saints et des Saintes, Sara, Eusebio, Maximin, Paul, Donat, Maria-Magdalena, brandies par des...

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