blog de François Coupry

Archivesoctobre 2017

Vilaines Pensées 155 :
Le sauveur de l’humanité

V

J’ai connu Valerio Balante en 1812, un jeune homme blanchâtre aux cheveux bouclés, qui s’amusait à manipuler des soldats miniatures sur de longues tables pour des batailles imaginaires. Nous sympathisâmes. Au vingtième siècle, je le croisai de nouveau : il était célèbre comme montreur d’illusions et de marionnettes. Il avait l’art de nous faire croire n’importe quoi. Et je me souviens d’une féérie à New York où sur scène se retrouvaient en dansant Charlie Chaplin et Gandhi, Mussolini et Greta Garbo : ce n’étaient plus des marionnettes, mais des projections en multiples dimensions, mon ami utilisait les techniques les plus modernes. Quand, dans sa loge, je vins voir ce magicien, ce fut comme si nous continuions une conversation entamée il y a plus d’un siècle, il avait les mêmes cheveux...

Vilaines Pensées 154 :
Prévoyons mieux le futur

V

Quelques mouches applaudirent quand les frères Lumière proclamèrent que le cinéma était une invention sans avenir. Et Charlie Chaplin en rajoutait une couche en 1916 en constatant que le cinéma était juste une mode. Ce qui parut une idiotie, un manque de nez et de prémonition durant le vingtième siècle, devient une marque de flair, une subtile prévision : aujourd’hui, le cinéma est un art daté, un moyen de diffusion qui ne concerne que les vieux, remplacé par la télévision, puis par le numérique et de nouvelles communications d’images et de sons. Victor Segalen était-il gâteux, affirmant à son tour en 1910 que le roman était une forme littéraire inepte qui n’avait aucun avenir ? Mais qui écrit encore des romans de nos jours, sinon les nostalgiques de récits éculés, répétitifs, se cachant...

Vilaines Pensées 153 :
Tous réacs !

V

J’ai fait un rêve : nous serions, nous les singes pensants, des réactionnaires uniquement soucieux de conserver le monde tel qu’il est, même fou, tel qu’il fut, peut-être meilleur — et vivant dans la nostalgie. J’ai rêvé qu’en vérité nos revendications, nos ardentes manifestations, ne consisteraient qu’à protester contre les nouveautés, afin de garder nos droits, préserver nos acquis, maintenir l’équilibre écologique et naturel, nos propriétés morales venues de nos enfances, de nos ancêtres proches ou lointains, par peur d’un avenir différent — et pour se rassurer. J’ai rêvé que nos réformes, nos progrès, nos révolutions, nos républiques  et nos obstinés refus des féodalités ne seraient en vérité que des désirs de retrouver enfin un âge mythique et d’or, un magique et enfantin paradis...

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