blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 157 :
L’identité du pied ou du genou

V

M. Piano s’aperçut que son pied gauche n’obéissait plus au gouvernement de sa cervelle, s’agitait tout seul, perturbait l’équilibre de sa marche, donnait de grands coups désordonnés aux poubelles. Cette situation désagréable risquant de venir métaphorique, notre Piano installa des micros devant la porte de sa maison et convoqua la presse. Personne ne vint, bien sûr, mais il fit un discours : « Non ! Si l’un de mes pieds réclame son indépendance, cela n’a aucun rapport avec le désir d’autonomie de certaines régions d’Europe, par exemple la Catalogne en Espagne, je vous interdis un tel amalgame ! » Ne s’adressant à personne, cette précaution théorique et narcissique n’eut nul écho, mais si M. Piano fut ridicule ses ennuis ne s’arrêtèrent pas là. Car, dès le lendemain, il prit conscience que...

Vilaines Pensées 156 :
Une fable trop vraie pour être vraie

V

Au moment de s’endormir, ce jour où il fut élu Président de la république, monsieur Piano décida de confier ce rôle à madame Piano, pensant que les mâles devaient céder la place à un sexe plus inventif, et moins encombré par les vieilles habitudes… Dès le lendemain, prenant de court les institutions lourdes de rites et de pondérations, madame Piano ordonna des lois qui permettaient aux gens fortunés d’investir sans complications dans les entreprises et aux moins riches de bénéficier sans démarches complexes de redistributions équitables : très curieusement personne n’y avait vraiment songé, et surtout personne n’avait imaginé concrétiser aussi facilement un tel équilibre. Si bien que, dès le surlendemain, le chômage diminua, les carnets de commandes grossissaient, des bénéfices...

Vilaines Pensées 155 :
Le sauveur de l’humanité

V

J’ai connu Valerio Balante en 1812, un jeune homme blanchâtre aux cheveux bouclés, qui s’amusait à manipuler des soldats miniatures sur de longues tables pour des batailles imaginaires. Nous sympathisâmes. Au vingtième siècle, je le croisai de nouveau : il était célèbre comme montreur d’illusions et de marionnettes. Il avait l’art de nous faire croire n’importe quoi. Et je me souviens d’une féérie à New York où sur scène se retrouvaient en dansant Charlie Chaplin et Gandhi, Mussolini et Greta Garbo : ce n’étaient plus des marionnettes, mais des projections en multiples dimensions, mon ami utilisait les techniques les plus modernes. Quand, dans sa loge, je vins voir ce magicien, ce fut comme si nous continuions une conversation entamée il y a plus d’un siècle, il avait les mêmes cheveux...

Vilaines Pensées 154 :
Prévoyons mieux le futur

V

Quelques mouches applaudirent quand les frères Lumière proclamèrent que le cinéma était une invention sans avenir. Et Charlie Chaplin en rajoutait une couche en 1916 en constatant que le cinéma était juste une mode. Ce qui parut une idiotie, un manque de nez et de prémonition durant le vingtième siècle, devient une marque de flair, une subtile prévision : aujourd’hui, le cinéma est un art daté, un moyen de diffusion qui ne concerne que les vieux, remplacé par la télévision, puis par le numérique et de nouvelles communications d’images et de sons. Victor Segalen était-il gâteux, affirmant à son tour en 1910 que le roman était une forme littéraire inepte qui n’avait aucun avenir ? Mais qui écrit encore des romans de nos jours, sinon les nostalgiques de récits éculés, répétitifs, se cachant...

blog de François Coupry

Archives

Articles récents

Commentaires récents

Catégories