blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 147 :
Le droit de naître dans la dignité

V

Certaines ironiques puces se moqueront si je dis — ce qui est pourtant la pauvre réalité — que je suis la perruque du juge Andrew, quelque part dans la campagne anglaise, verte. Mais si je parle du cas d’Amélia Boc, on me prendra au sérieux car l’affaire fit mondiale sensation. Il faut savoir, chers extraterrestres, que les chapeaux, dont font partie les perruques, sont les choses les plus près des crânes, et donc des sueurs, des tressaillements de la cervelle : ainsi ai-je été aux premières loges, lors du procès d’Amélia, en ce coin perdu du Kent. Certes, le mot « laid » serait relatif, selon une naissance européenne, asiatique ou africaine, et il n’y a point d’universalité déclarée, mais il y a des limites tacites et humaine : cette fille de seize ans les dépassait toutes en horreurs et...

Vilaines Pensées 146 :
La supériorité animale

V

Un jour, une biche aux longs cils tua, dans la brousse, d’un coup de sabot un chasseur humain. Elle laissa le mort sur place, puis revint le chercher, ne le retrouva plus dans les herbes. C’était une âme sensible et distinguée. Alors, elle se rendit au commissariat animal, faire aveu de son crime, mais quand le chien en chef lui demanda l’identité de celui qu’elle avait tué, elle répondit qu’elle ignorait son nom et où se trouvait le corps. L’affaire alla jusqu’à l’éléphante, la juge en titre, qui fut fort embarrassée. Car la biche se sentait coupable, voulait expier son coup de sabot en finissant sa vie au zoo, afin de demeurer moralement pure et droite. Imaginons un même drame chez les humains… Le commissaire, devant cette impuissance à produire un cadavre, et même à le nommer...

Vilaines Pensées 145 :
Vivement le dix-huitième siècle ?

V

Monsieur Piano, qui a l’œil bleu et impitoyable, me fit remarquer, l’autre soir, que les citoyens européens — et certainement aussi ceux du reste du monde — vivent aujourd’hui comme au dix-septième siècle. Certes, on admet, telle une évidence dont on ne fouille point les fondements branlants, que nous serions devenus égaux en droits. Mais les fortunes et les héritages nous rangent toujours dans des conditions hiérarchisées, et nous n’avons pas tous les mêmes devoirs. Ainsi les gens aisés ne doivent pas manger la même cuisine que les pauvres, sinon l’on taxerait les premiers de populistes faisant semblant d’aimer les ragouts, et l’on qualifierait les derniers de snobs qui singent l’aristocratie capitaliste en osant goûter des délicatesses ouvragées ; de même que nous ne devons pas...

Vilaines Pensées 144 :
Le château du jardinier

V

Des théologiens pensent que la force d’un Dieu réside dans sa faculté à, peut-être, ne pas vraiment exister. Le cas de Johan le Bègue nous éclaire sur cette subtilité vertigineuse. Il était une fois un jardin qui dépérissait, les ronces pavaient les chemins, les rosiers piquaient du nez. Pourtant les jardiniers étaient nombreux, et bien rémunérés par le propriétaire, un riche excentrique qui vivait à l’autre bout de la terre. Pour se motiver, ils décidèrent d’élire parmi eux un chef, qui logerait dans le petit château tarabiscoté au cœur de ce jardin. Chaque jardinier exposa son plan de désherbage et de plantation, mais tous avec tant de périphrases que l’on se perdit dans les méandres. Seul Johan le Bègue s’exprima bien. Son nom l’indique : il évita les paroles, ne put que peindre des...

blog de François Coupry

Archives

Articles récents

Commentaires récents

Catégories