blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 129 :
Lettres Persanes, I

V

Lettre d’Usbek. Paris, un jour de la lune de mars. Après mon voyage en bateau à voile vers Smyrne, j’ai pris l’avion pour la capitale de la France, dans le dessein de contempler cette campagne électorale dont jusqu’en Chine on parle. Ayant entendu quelques ironies de la part de connaissances parisiennes, je précise que chez nous, en Perse, en Iran, il y a aussi des élections démocratiques et que si notre civilisation est plus ancienne que l’Europe elle n’est point forcément réactionnaire ou archaïque. Ceci posé, il me faut confesser un étonnement : ici, nul candidat ne parle de religion, sauf à brandir sa neutralité, quand chez nous la relation de l’État avec Dieu revient dans tous les propos électoraux. Ce silence me semble trop outré pour être sincère, alors que l’on remarque des...

Vilaines Pensées 128 :
La princesse et moi

V

Il était une fois, au cœur de l’Europe, un roi qui se sentait décliner et qui voulut trouver, au moyen d’un vote de tous les citoyens, un bon précepteur instruit pour gouverner les douleurs de sa fille, encore adolescente et qui souffrait d’une grave maladie. Chaque grande famille proposa un candidat, je fus choisi par la mienne et mes ennuis commencèrent. Sans doute étais-je celui qui parlait le mieux, mais ce n’est pas moi qui concocta le programme de guérison : un groupe de médecins peaufina une série de remèdes, et devant les futurs électeurs, de réunion en réunion, je répétais une suite de formules afin d’être admiré. Puisqu’il était évident que la majorité des votants n’y connaissait rien en médecine ou en économie pharmaceutique, seul comptaient le ton et l’élan du discours...

Vilaines Pensées 127 :
Jeux d’actions, jeux d’élection

V

Il était une fois, dans un État confidentiel coincé entre l’Ouzbékistan et le Turkménistan, un vieux roi qui aimait jouer en Bourse, et qui, proche de la mort, songea à sa succession, les prétendants ne manquaient pas. On en tua quelques-uns, également trop vieux, n’en demeura que sept, mais qu’importe le nombre, seules comptaient leurs idées d’avenir. Or, pour les départager, on voulut faire appel à l’expression démocratique des cours de la Bourse. Les idées d’avenir étaient proposées telles des actions, leurs achats ou leurs ventes paraissant bien plus purs et beaux que les trafics sordides sur le cours de l’or, la cote des productions d’avions, de céréales, de nains de jardin ou d’habits pour adolescents à la mode. Les investisseurs de capitaux, les spéculateurs s’en donnèrent à cœur...

Vilaines Pensées 126 : Du déplaisir des décisions

V

Il était une fois, en des temps futurs, une impératrice chinoise d’une vallée de l’Himalaya, aux ongles longs et aux yeux en amande, qui changeait de maîtresse tous les cinq ans : elle proclama ouverte la liste des prétendantes, il ne s’en présenta que deux, très jolies dit-on. En ce minuscule empire, il n’y avait plus de mâles, ce qui est de bon goût et plus simple à gérer. Ces êtres souvent sales, barbus et qui laissent des gouttes, s’étaient réfugiés à l’étranger, chez les sauvages. C’était un empire oisif : seuls les robots, seules les machines numériques travaillaient, cultivaient le riz, produisaient des bols, calculaient les gains et les répartitions. Ainsi les champs autour des villes se trouvaient encombrés d’ordinateurs qui manœuvraient des bras métalliques, des chaînes de...

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