blog de François Coupry

AuteurFrançois Coupry

Vilaines Pensées 222 : Fantômes pour gouverner

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On a déjà parlé des âmes pas encore incarnées, en attente. Penchons-nous vers ce qui est davantage perceptible : les âmes des morts. Elles sont essentielles dans la vie politique, et l’on vient d’enterrer Jacques Chirac. Je ne vois pas le rapport, nous dira-t-on prudemment. Il est pourtant évident, mais point pour les raisons que vous pourriez imaginer. Les esprits, les fantômes des corps enterrés s’ennuient, ils échappent aux angoisses des vivants, la peur de mourir, l’incertitude du futur, la nécessité de réussir, de donner un sens à l’existence. De plus, la mort leur a ôté toute apparence figée, ils peuvent changer de forme, prendre d’autres visages. C’est Democrite de Sicile qui, le premier, a esquissé cette théorie : quand un humain acquiert le pouvoir, par hérédité tel un roi, par...

Vilaines Pensées 221 : Les faux faits

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Donc, comme je vous l’ai avoué, souffrant de ne jamais mourir depuis quatre mille ans j’ai parcouru la Terre en compagnie du chien d’Asie, Tengo-san. Et, je me dois de vous l’affirmer, rien de ce que j’ai vu, vécu, ne correspond à ce que racontent les historiens. Par exemple : On prétend que Louis IX participa aux croisades : inexact. Il resta sous son chêne, un sosie le remplaça. Et il ne mourut pas de la peste à Tunis, j’y étais. On prétend que, vers 1325, la cité de Tenochtitlan fut érigée par les Aztèques : inexact. A l’époque, il n’y avait là que des marais, des serpents, des moustiques, j’y étais. On prétend que Thomas Jefferson présida la commission du Congrès qui rédigea la Déclaration d’indépendance : inexact. Il était bien trop occupé chez sa maîtresse, j’y étais. Si les récits...

Vilaines Pensées 220 : Des nouvelles des Piano

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Ce climat de catastrophes, de dérision, de paradoxes et d’amusement incita M. Piano à creuser son thème favori d’un renversement des valeurs et à lancer un concept qui choqua les intelligences : le marxisme de droite. Ce qui parut d’abord comme un puéril oxymore fut difficile à saisir, et de nombreuses exégèses fleurirent. En simplifiant, on peut résumer ainsi la thèse : partant de la prégnance de l’économie et de la lutte des classes, on constaterait bientôt que les échecs de la bourgeoisie démocratique et d’un prolétariat sauveur de l’Histoire conduiraient au retour politique d’une aristocratie, d’un système hiérarchique et inégalitaire, méprisant les intérêts financiers et les compétitions acharnées entre individus. Cette thèse, apparemment rétrograde, scandalisa, elle niait le...

Vilaines Pensées 219 : Le plaisir des cataclysmes

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Regardez les images du récent G7 à Biarritz : ils sourient tous, de façon aussi épouvantable et figée que sur les publicités, qui ne font plus vendre mais nous permettent de croire à notre bonheur de vivre. Lorsque je remue et retrouve mes souvenirs, j’affirme qu’aux dix-huitième et dix-septième siècles, en Occident et jusqu’en Orient, quand les princes, les rois, les reines prenaient la pose, ils ne souriaient pas, restaient sérieux malgré les pitreries, les grimaces et les barbouillages des peintres. Au début de ce vingt-et-unième siècle, le sourire est obligatoire. Et pourtant, chaque protagoniste de ce ballet du G7 subit en son pays des émeutes, des luttes intestines, des crises sociales qui risquent de le chasser du pouvoir, et ignore comment rembourser sa dette. Et pourtant, chaque...

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