blog de François Coupry

Vilaines penséesActualités, fables, paradoxes et confidences

Vilaines Pensées 219 : Le plaisir des cataclysmes

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Regardez les images du récent G7 à Biarritz : ils sourient tous, de façon aussi épouvantable et figée que sur les publicités, qui ne font plus vendre mais nous permettent de croire à notre bonheur de vivre. Lorsque je remue et retrouve mes souvenirs, j’affirme qu’aux dix-huitième et dix-septième siècles, en Occident et jusqu’en Orient, quand les princes, les rois, les reines prenaient la pose, ils ne souriaient pas, restaient sérieux malgré les pitreries, les grimaces et les barbouillages des peintres. Au début de ce vingt-et-unième siècle, le sourire est obligatoire. Et pourtant, chaque protagoniste de ce ballet du G7 subit en son pays des émeutes, des luttes intestines, des crises sociales qui risquent de le chasser du pouvoir, et ignore comment rembourser sa dette. Et pourtant, chaque...

Vilaines Pensées 218 : La vie avant la vie

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Tout le monde connait les fantômes, les esprits des corps morts qui nous hantent avec leurs regrets, leurs gémissements sur des existences terrestres ratées, des ambitions ou des amours trahies, leur goût de vengeance, les âmes des morts sont sordides, rarement amusantes. On connait moins les âmes pas encore installées dans des corps, celles qui attendent un embryon pour s’y loger, et mouvoir cet ensemble de cellules que les sciences bornées mettent en avant. Ces âmes paraissent plus fraîches, pures, naïves, plus évanescentes et difficiles à remarquer que celles qui se sont déjà incarnées, mais autant sordides, peu amusantes. En tant que prêtre hérétique et confesseur attitré des fantômes, parfois ces âmes point encore incarnées viennent me visiter pour m’avouer leur désir, leurs espoirs...

Vilaines Pensées 217 : Malheureux Faust (4)

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Et voilà : après des aventures invraisemblables, déjà racontées et donc vraies, à soixante-dix ans je me retrouvais âgé de vingt ans, et je partis en vacances de Rome à Pékin, de Moscou à Boston, en compagnie de Clavecin, le petit-fils de mon ami et contemporain Piano. Nous n’eûmes aucun souci d’argent. Et pourtant nous partîmes sans un sou en poche. Or, nous trouvâmes des sous partout, et point seulement, comme je le croyais, grâce à de petits métiers occasionnels, mais surtout dans les poches des ivrognes et des morts, ou dans les caniveaux, ou dans des portefeuilles tombés des balcons. On est pauvre quand on s’échine à travailler, ou bien à créer des emplois pour occuper l’esprit de ceux qui ne sont pas innocents, au contraire de Clavecin et moi qui rigolions, riches. Et, bien sûr...

Vilaines Pensées 216 : Malheureux Faust (3)

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Rien à faire ! Je ne parvins pas à retrouver ma vieillesse ! Je fis semblant d’avoir un coma qui me permettrait peut-être de regagner mon âge véritable et vénérable, mais il ne fut qu’éthylique ! Et la médecine me négligea ! Assumant finalement ma jeunesse, mais renonçant aux puérils points d’exclamation, je logeais comme un petit-fils chez Mme et M. Piano, qui avaient mon âge réel et avec qui j’avais partagé toutes les désillusions. Ce fut horrible : redevenu trop jeune, je ne partageais plus les idées du professeur Piano, qui analysait les renversements des valeurs, les mutations de la culture. Il m’apparut soudain comme un imbécile sénile. Et j’avais beau me dire que j’avais suivi la même évolution que lui, je ne comprenais plus sa génération, qui pourtant était la mienne, et il ne...

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