blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 180 : La tête dans le sac (2)

V

J’ai raconté l’autre jour que j’avais mis dans un sac la tête coupée de la défunte Présidente du Conseil italien : un de ces actes stupides que nous commettons et que l’on doit par la suite raisonnablement légitimer, afin de lui donner cet éternel sens que réclame l’humanité. Certes, j’avais des excuses, la morte s’était réveillée, brisait son cercueil, la police tirait, déracinait ses membres, mais pourquoi avais-je récupéré sa tête ? D’autant plus que son visage, dans le sac, prenait l’apparence de divers dirigeants actuels, Trump, Erdogan, et maintenant Xi Jinping ! Me balader avec la tête coupée du Président chinois pouvait avoir de lourdes conséquences pour ma vie, ma mort, et n’importe quel imbécile se serait vite débarrassé de ce fardeau qui ne pourrait que le culpabiliser. Mais je...

Vilaines Pensées 179 : Comment croire au réel?

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Oui, le problème avec la réalité, c’est qu’elle est invraisemblable. Une aventure récente avec mon bon M. Piano me le prouva. Je vais vous dévoiler le plus impensable, le moins admissible, m’annonça-t-il. Il me conduisit dans une banlieue résidentielle, aux alentours de X (je tairai tous les noms, de peur des représailles). Des villas cossues y régnaient, ornées d’arbres agréables. Nous déjeunâmes chez Mme et M. X : un repas somptueux, avec du homard, j’aime le homard, et servi par un valet des plus soucieux des arts de la table. La conversation tourna autour de Kant et j’avoue que parfois, petit intellectuel, je ne me sentis point à la hauteur. Mais quand le maître de maison me raconta sa vie, je faillis tomber encore plus : notre hôte, aujourd’hui à la retraite, avait été ouvrier...

Vilaines Pensées 178 : La tête dans le sac (1)

V

Neurologue mondialement connu, je me rendis à Rome où la Présidente du Conseil italien, une adorable dame calme et rondelette, Démocrate-Chrétienne, aimée du peuple, venait de mourir subitement – pourquoi une morte, même aimée, aurait-elle besoin d’un neurologue ? Allant au palais des Présidents du Conseil, je vis que, sous un ciel bleu, on empêchait une foule considérable d’entrer pour s’incliner devant la dépouille de la chrétienne démocrate. Moi, on me permit de pénétrer, vite on me remit des analyses et le résultat d’un encéphalogramme qui prouvaient le décès. Mais sur son lit, entouré d’autres docteurs affolés, le cadavre charmant s’agitait – les corps s’énervent après la mort, pensai-je. Bouleversant les draps, son bras gauche se dressait, le poing fermé. Et, horrifiant les intimes...

Vilaines Pensées 177 : La politique quantique

V

Le jeune Président voulait des jeunes à ses côtés, c’était sa gloire et son drame. Je ne sais à la suite de quel micmac, M. Piano fit en sorte que son petit-fils, Clavecin, dont la philosophie prônait l’immaturité et les métamorphoses, soit nommé porte-parole de ce gouvernement. La première conférence de presse fut catastrophique, devant des journalistes vieux, car un bon journaliste politique se doit d’avoir déjà tout vécu, tout vu, tout connu, des magouilles aux renversements d’alliance, et doit être sans illusion. Lorsque le trop jeune Clavecin annonça que la ligne politique de ce gouvernement était banalement de diminuer le nombre excessif des chômeurs, la majorité des ancêtres qui notaient ses réponses lui demanda pourquoi la ligne politique de ce gouvernement n’était pas, certes...

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