blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 174 : A quoi servent les Services Secrets ?

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Hier, je n’ai jamais autant ri de ma vie. Je retrouvai mon ami Piano à une réunion secrète des Services Secrets Internationaux, il y avait là tout le gratin, les Russes, les Américains, les Anglais, les Français, les Israéliens, les Turcs, les Saoudiens, les Chinois, et tutti quanti, ils riaient. Le rire est communicatif, n’importe quel ornithorynque le sait : je me doutais un peu que Piano avait un rôle important dans le Renseignement Mondial, mais pourquoi m’avait-on invité, moi sourd d’une oreille et si peu secret ? Je riais aussi, pourquoi ? Piano, entre deux hoquets de fou rire, et se tapant sur les cuisses, parvint à m’expliquer les déraisonnables raisons du comique de la situation. J’ai déjà parlé de son petit-fils Clavecin, personnage de dessin animé, capable de se relever intact...

Vilaines Pensées 173 : L’humeur des morts

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Malheur aux morts qui se laissent brûler par des familles discrètes ? Les morts dont, en des cercueils, subsistent des bouts compacts et surtout des ossements, eux, ils peuvent, au moins, se retourner dans leur tombe – et ils font un boucan considérable ! Écoutons, l’oreille ouverte, dans un cimetière sous la lune, les bruits des cadavres, c’est-à-dire leurs… pensées. Ils remuent sous la terre, se tournent, se retournent, ils rouspètent, ils protestent, surtout s’ils ont passé leur vie dans la misère : « Autrefois, les pauvres servaient à quelque chose, ils travaillaient, cultivaient des céréales pour les ventres ou produisaient des aciers pour l’industrie. Ils servaient pour les plus aisés à pratiquer la charité, recommandée par les Eglises, les Synagogues ou les Mosquées...

Vilaines Pensées 172 : Le plaisir de revenir en arrière ?

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On oublie souvent que Lemuel Gulliver, après son séjour à Laputa, alla en Franchimancie. Si, par la taille, les Franchimanciennes et les Franchimanciens ne se différenciaient guère de l’auteur des Voyages, des signes extérieurs de richesse intriguaient d’abord les étrangers. Au milieu de hautes tours transparentes, les habitants faisaient commerce de n’importe quoi aux quatre coins du monde. Un jour, au gré de leurs investissements et des mouvements boursiers, ils pouvaient devenir pauvres, puis s’enrichir de nouveau le lendemain. Ils sublimaient cette précarité par une désinvolture seigneuriale, et s’enorgueillissaient de l’égalité radicale entre mâles et dames. Ils prétendaient, peut-être avec raison, représenter l’avenir, l’harmonie et la paix. Autour de ces grandes villes, dans les...

Vilaines Pensées 161 :
Tout fout le camp?

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Sinistre sensation : les écrivains de ma génération, nés entre 1945 et 1955, sont tous emprisonnés, ou plutôt relégués, entourés d’un mur de silence. On n’en parle plus, comme s’ils n’existaient plus. Leurs années 1970-1990 furent vibrantes, la littérature s’explosait dans l’invention des mots et des structures narratives, des créations de fictions, des transgressions du récit, le beau mauvais goût du romanesque baroque. Ces expériences hors-limites, en l’écho international des Sud-Américains et jusqu’aux fonds de verre de quelques Polonais, ces originalités, ces nouveautés radicales sont aujourd’hui interdites, castrées, menacées de prison, de camps de redressement, en Europe comme en Chine. Et nul n’oserait publier Le Bruit et la Fureur, Conversation à la Catedral ou le Pastis de la Rue...

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