blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 212 : Le lion et la démocratie

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Fatigué d’avoir voté aux européennes, je pris l’avion pour Sofia, j’étais assis auprès d’un lion, un vrai lion, je ne plaisante pas. Après avoir rencontré un âne astrophysicien, je côtoyais un lion courtois, légèrement philosophe, qui me livra son sentiment, assez négatif, sur la démocratie. Après avoir égrené quelques banalités, le risque de réclamer une réponse à des humains sur des sujets qu’ils connaissent peu, ou mal, le danger de la démagogie, de la propagande, de la réclame, le péril de croire aux vertus d’une majorité versatile et aléatoire, notre beau lion fit quelques remarques qui me touchèrent, et je cessai de bailler. « Comment, rugissait-il, se contenter de n’être qu’une seule voix parmi des millions d’autres, une goutte d’eau dans la mer ? Si la pensée humaine prône la...

Vilaines Pensées 211 : L’arroseur arrosé

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Ça devait arriver : à force de répéter que le langage noie forcément la réalité, et que la vérité est impossible à cerner, et que les récits ne peuvent que mentir, pour une fois que j’écris, dans ma dernière Vilaine Pensée, tout à coup quelque chose d’hélas exact, beaucoup de lecteurs n’y ont vu qu’une pirouette finale, un effet de style, un procédé presque de mauvais goût. Mais cette distance n’était-elle pas secrètement mon but, afin de masquer, travestir un réel trop dur, inadmissible ? Si je vous racontais comment j’ai été mangé par un lion, ce serait plus simple à dire, à lire.

Vilaines Pensées 210 : Éloge de la résurrection

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Mon épouse, Mme Piano, ne souhaitait pas que, pour le première fois, j’ose prendre directement la parole, en ces Vilaines Pensées, rapportant ce que FC, mon ami, me disait la semaine dernière : « Il y a un événement merveilleux, rayonnant, dont ma religion catholique ne parle plus, et qui pourtant a illuminé mon enfance : la résurrection des morts ! Le Christ, ressuscité Lui-Même, offrirait à tous les cadavres humains ce Corps glorieux et transfiguré dont il a bénéficié après sa mort, et tous ces cadavres gris, verts, se lèveraient de leur tombeau, et iraient, iraient où ? et quand ? et comment ? « Cette image saisissante a nourri le terrain de tant de récits fantastiques, mais demeure de l’ordre de l’imaginaire, et à part certains scientifiques de haut niveau, qui savent que l’on peut...

Vilaines Pensées 209 : Détruire, preuve d’humanité

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Eléonore Benedict, née à la fin du vingtième siècle, déchira très tôt toutes ses poupées, cassa ses jouets, creva les yeux de son ours en peluche, et exaspéra durant vingt ans ses parents, propriétaires d’une agence immobilière, à tel point qu’ils finirent par se suicider. Le juge d’instruction conclut que c’était classique dans la logique freudienne des inconscients où la progéniture malmène forcément ses géniteurs. Majeure, elle prit la direction de l’entreprise qui périclita rapidement à la suite d’investissements tordus et d’achats de terrains peu rentables. De même que le couple qu’elle formait avec le plombier John Landys s’étiola, miné par trop de reproches, de soupçons réciproques d’adultère, tandis que dans la maison des faubourgs les assiettes se brisaient, les meubles se...

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