blog de François Coupry

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Vilaines Pensées 197 : L’aigle de XI (4)

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Au départ de XI Jinping, ce fut un désarroi dans cette salle d’apparat qui devenait noire. Le n’importe-quoi était à son comble : la fille de M. Piano se débarrassait de son vêtement pseudo chinois, oubliant qu’elle ne portait rien dessous, elle était charmante, le petit-fils apparut tout à coup en haillons de morts-vivants dégoutants et dégoulinants, pour mettre un peu de piment à la scène, Mme Piano préparait un risotto pour une raison dont elle ne se souvenait plus mais que les lecteurs peut-être se rappellent. Seuls à garder leur superbe, M. Piano demeurait un panda intraduisible et l’aigle un magnifique et incorrigible discoureur ailé au bec fin. « Supposons, disserta cet aigle, que je traduise sincèrement ce que Xi ne vous dit pas, tel serait le message : nous avons l’idée, ici, en...

Vilaines Pensées 196 : L’aigle de Xi (3)

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A peine arrivé au palais de Pékin pour assister la famille Piano, je vis entrer Xi Jinping, dans la grande salle maintenant couleur émeraude. Le maître de la Chine eut un sursaut devant M. Piano transformé en panda, qui gueulait et dont personne ne comprenait la langue, le petit-fils et sa mère soudain déguisés en Chinois d’opérette, comme les Dupondt à la page 45 du Lotus bleu, et Madame Piano qui ressemblait de plus en plus à Mme Fenouillard. Heureusement Xi fut rassuré par la présence de son aigle ex-humain, qui parlait tous les idiomes, à part le patois de Piano. L’aigle traduisit la pensée secrète de Xi, « C’est quoi, ce cirque ? », avant de traduire son discours officiel sous les battements des tambours : « Etrangers, bienvenue. Vous vouliez connaître la Chine, vous allez être...

Vilaines Pensées 195 : L’aigle de Xi (2)

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A Pékin, l’aigle, au milieu des tentures devenues jaunes, toisa de nouveau ses invités, la famille Piano, le père, la mère, la fille et le petit-fils : « Maintenant, disait-il, que je suis devenu oiseau, et que j’ai la liberté de parole, je peux vous avouer que, lorsque j’étais un humain, je consacrais mon temps à conseiller secrètement les gouvernements chinois. Nul, aujourd’hui, même pas mon maître Xi, ne peut m’empêcher de vous révéler comment fonctionne le Pouvoir, en sa sagesse, sa délicatesse et sa perversité : il faut laisser la parole au peuple, comme lorsque l’on soulève un couvercle de marmite pour délivrer la vapeur, l’odeur. Que mille fleurs s’épanouissent, proclamait mon ancien maître, le vénéré et rusé Mao. « Mais, attention, et c’est là qu’intervient l’art de la subtilité...

Vilaines Pensées 194 : L’aigle de Xi (1)

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Épuisé d’écouter des experts analyser, minute après minute, sur les chaînes d’information sempiternelle, la couleur des gilets de vieux râleurs, M. Piano se rendit en Chine, avec sa famille, son épouse, sa fille, son petit-fils, à l’invitation de l’aigle de Xi Jinping. Et cet aigle, aux yeux verts et immobiles qui perçaient les autres regards, leur dit : « Bienvenue à la famille Fenouillard moderne, dont l’emblématique parapluie est remplacé par un téléphone portable. Vous vous trouvez devant l’aigle de Xi, mais sachez qu’il y a encore deux mois j’étais un humain, et informaticien. J’ai préféré devenir oiseau, issu des grandes civilisations des dinosaures, fuyant l’arrogance de la culture. Pourquoi ? » Effarée, la famille Piano chercha en vain la réponse. Que leur donna l’aigle, en ce...

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