blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 132 :
Lettres persanes, IV

V

Lettre d’Usbek. Limoges, un jour de la lune d’avril. À force d’entendre la France se vanter d’être centralisée, je m’imaginais qu’il n’y avait qu’une seule vraie ville, Paris, en ce pays. Aussi fus-je surpris de voir à Limoges, pourtant décrite par mes amis poètes parisiens comme un coin perdu, des immeubles, des avenues, des transports, des commerces : on se serait cru boulevard Saint-Germain. Toutefois, quand à la capitale les belles âmes comparent cette campagne électorale à une succession de surprises, avalanche de procédures de justice, bouleversement des alliances, élimination possible des partis classiques, et quand on s’attend avec avidité à d’autres surprises, en province ce sentiment me semble davantage tempéré : on trouve dérisoire cette agitation qui ne correspondrait pas aux...

Vilaines Pensées 131 :
Lettres persanes, III

V

Lettre d’Usbek. Paris, les premiers jours de la lune d’avril. Il y a chez les Français, sur leurs télévisions, des chaînes qui en continu informent. Elles vous racontent à chaque minute ce qui advient de par le monde. De mauvais esprits prétendent que lorsqu’il ne se passe rien il faut inventer, on leur rétorque qu’il se manifeste toujours quelque chose, ne serait-ce que justement et significativement rien. Des érudits, sur ces écrans, sans cesse commentent, analysent l’actualité, et j’ai eu le malheur d’évoquer qu’en Iran sans cesse des religieux d’Islam également interprétaient, on m’a remis avec dédain à ma place : un étrange Persan qui ne saurait comparer deux civilisations. En ce temps de campagne présidentielle, à tout moment ces commentateurs s’activent et surtout brandissent les...

Vilaines Pensées 130 :
Lettres persanes, II

V

Lettre d’Usbek. Paris, un autre jour de la lune de mars. On voit, dans la capitale de la France, un agacement perpétuel, comme si les gens non seulement n’étaient point à l’aise en leurs diverses conditions mais de plus insatisfaits de la façon dont les candidats officiels à cette présidentielle désiraient les améliorer. D’ailleurs, personne n’est content en Europe, on vous bouscule sur les trottoirs, on vous toise avec un air de défi si vous êtes étranger, si vos costumes ne sont pas à la mode d’occident. Et je pense que la France a renoncé à trouver plaisant un candidat, d’autant plus que, par un jeu trop élémentaire pour être saisi par un oriental, lors des premières sélections des différents partis politiques la population a rejeté les figures tutélaires qui depuis des années...

Vilaines Pensées 129 :
Lettres Persanes, I

V

Lettre d’Usbek. Paris, un jour de la lune de mars. Après mon voyage en bateau à voile vers Smyrne, j’ai pris l’avion pour la capitale de la France, dans le dessein de contempler cette campagne électorale dont jusqu’en Chine on parle. Ayant entendu quelques ironies de la part de connaissances parisiennes, je précise que chez nous, en Perse, en Iran, il y a aussi des élections démocratiques et que si notre civilisation est plus ancienne que l’Europe elle n’est point forcément réactionnaire ou archaïque. Ceci posé, il me faut confesser un étonnement : ici, nul candidat ne parle de religion, sauf à brandir sa neutralité, quand chez nous la relation de l’État avec Dieu revient dans tous les propos électoraux. Ce silence me semble trop outré pour être sincère, alors que l’on remarque des...

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