blog de François Coupry

Mes dernières Vilaines Pensées

Vilaines Pensées 154 :
Prévoyons mieux le futur

V

Quelques mouches applaudirent quand les frères Lumière proclamèrent que le cinéma était une invention sans avenir. Et Charlie Chaplin en rajoutait une couche en 1916 en constatant que le cinéma était juste une mode. Ce qui parut une idiotie, un manque de nez et de prémonition durant le vingtième siècle, devient une marque de flair, une subtile prévision : aujourd’hui, le cinéma est un art daté, un moyen de diffusion qui ne concerne que les vieux, remplacé par la télévision, puis par le numérique et de nouvelles communications d’images et de sons. Victor Segalen était-il gâteux, affirmant à son tour en 1910 que le roman était une forme littéraire inepte qui n’avait aucun avenir ? Mais qui écrit encore des romans de nos jours, sinon les nostalgiques de récits éculés, répétitifs, se cachant...

Vilaines Pensées 153 :
Tous réacs !

V

J’ai fait un rêve : nous serions, nous les singes pensants, des réactionnaires uniquement soucieux de conserver le monde tel qu’il est, même fou, tel qu’il fut, peut-être meilleur — et vivant dans la nostalgie. J’ai rêvé qu’en vérité nos revendications, nos ardentes manifestations, ne consisteraient qu’à protester contre les nouveautés, afin de garder nos droits, préserver nos acquis, maintenir l’équilibre écologique et naturel, nos propriétés morales venues de nos enfances, de nos ancêtres proches ou lointains, par peur d’un avenir différent — et pour se rassurer. J’ai rêvé que nos réformes, nos progrès, nos révolutions, nos républiques  et nos obstinés refus des féodalités ne seraient en vérité que des désirs de retrouver enfin un âge mythique et d’or, un magique et enfantin paradis...

Vilaines Pensées 152 :
La manif des IA

V

Silicon Valley : hier, il y eut, près de la baie de San Francisco, entre Stanford et Palo Alto, une manifestation des Intelligences Artificielles. John Skluk m’a envoyé un message : sur les avenues, des milliers de ce que les humains appellent des robots défilaient, la plupart de forme humanoïde, de couleur blanche pour beaucoup, mais également d’autres couleurs, et aussi de forme plus carrée ou rectangulaire, sans souci de copier des apparences de têtes, de bras, de jambes, ils allaient, ils allaient. Non, ne fantasmons pas, ils ne marchaient point comme l’on rêve à une armée au pas cadencé, menaçant, rythmé, ce fut plutôt tranquille, anarchique, bon enfant. Non, n’extrapolons pas, ils n’avaient pas été programmés par des savants fous ou ludiques, comme en un archaïque film de Science...

Vilaines Pensées 151 :
Piano pas content

V

Monsieur Piano avait-il besoin d’argent ? Il accepta une enquête d’un genre statistique qu’il réprouvait : trouver non point un individu, mais, en un pays d’Europe dont je tairai le nom, un ensemble d’individus qui se diraient « de gauche », auraient souci d’égalité et de répartition équitable, dans la perspective d’un monde qui ne serait pas dirigé par la finance. Peu convaincu par ces critères trop brefs et simplistes, notre Piano se mit néanmoins en quête, tel Candide, traînant les pieds sous la pluie, traversant les orages, les vents, au milieu des attentats terroristes et des sirènes des voitures de police, en ce début du vingt-et-unième siècle. Selon lui, ces valeurs de progrès, auxquelles il avait adhéré durant sa jeunesse enflammée un siècle auparavant, devaient se retrouver...

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